Livre 2Le corps, mode d'emploi

Le sucre est-il vraiment aussi addictif qu'une drogue ?

L'affirmation fait le tour des réseaux régulièrement — mais la réalité scientifique est nettement plus mesurée que le titre choc.

D'où vient cette comparaison

Certaines études, notamment sur des rongeurs, ont montré que le sucre active les circuits de récompense du cerveau (dopamine), un peu comme certaines substances addictives. C'est cette observation qui a été largement extrapolée et simplifiée en « le sucre est une drogue » dans le débat public.

Ce que les études sur l'humain montrent réellement

Chez l'humain, les preuves d'une véritable addiction au sucre comparable à celle des drogues dures (avec les mécanismes de tolérance, sevrage physique sévère, désinsertion sociale caractéristiques des addictions cliniquement reconnues) restent débattues et nettement moins établies que la formule choc ne le laisse penser.

Ce qui est vrai, en revanche

Le sucre active bien les circuits de plaisir et de récompense, et une envie forte et répétée de sucre est une expérience réelle et fréquente, en particulier en réponse au stress, à la fatigue ou à une alimentation déséquilibrée globalement. Ce n'est pas rien — mais ce n'est pas non plus l'équivalent d'une drogue dure.

Pourquoi cette nuance compte

Présenter le sucre comme une drogue peut renforcer un rapport anxiogène et culpabilisant à un aliment ordinaire, alors qu'une consommation modérée de sucre s'intègre très bien dans une alimentation équilibrée, sans qu'il soit nécessaire de le diaboliser ou de le traiter comme une substance à bannir absolument.

Ce qu'on peut retenir

Le sucre peut créer de fortes envies et jouer sur les circuits de récompense, mais le comparer directement à une drogue dure est une simplification excessive qui ne rend pas service à un rapport serein à l'alimentation.

Écrit par Clémence, diététicienne-nutritionniste, co-autrice du Cahier de Vacances Nutrition. En savoir plus

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